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La communication vers les seniors

La prévention et la promotion de la santé à destination des aînés passent par une communication prenant en compte l’hétérogénéité du public, sa situation sociale et économique, ainsi que ses trajectoires de vie. Elles interrogent également l’image que la société a des personnes âgées et que les personnes âgées ont d’elles-mêmes.

La communication vers les aînés considère l’hétérogénéité de leur situation et  trajectoire de vie.

Préférences et attentes des personnes âgées en matière d’information sur la santé et la prévention

Santé publique France a analysé les préférences et les attentes des personnes âgées dans sa lettre « Évolutions » en s’intéressant à la perception du vieillissement et de ses conséquences, les centres d’intérêt des seniors en matière de santé et leurs préférences et leurs rejets en matière de communication.

Pour bien communiquer avec les aînés

La qualité de communication avec votre public âgé contribue à la façon dont vous répondez à ses besoins avec justesse. Le guide canadien “Pour bien communiquer avec les aînés”  offre des conseils utiles et faciles à mettre en pratique, des trucs et des sources d’information additionnelles afin de vous aider à communiquer clairement et efficacement, via des documents print et web.

Les comportements de santé des 55-85 ans

Les analyses du Baromètre santé 2010 s’intéressent aux comportements des seniors en termes de santé et pointent plus finement leurs attentes, leur perception des risques de santé au travers de différentes craintes exprimées. Le public cible de cet ouvrage sont les professionnels de la santé, du social, du médico-social, mais aussi les élus et autres acteurs engagés dans la promotion de la santé des personnes âgées.

Les usages numériques des seniors

En 2016, 66% des personnes âgées de plus de 60 ans sont des internautes, 38 % des mobinautes, 20 % des tablonautes et 20 % des télénautes. À titre de comparaison, en 2008, 27 % des plus de 60 ans étaient des internautes. Le taux d’équipement s’élève à 74,8% pour l’ordinateur, 74,7 % pour les portables et 29,3 % pour les tablettes (chiffres 2015). La durée de connexion par jour tout écran confondu est de 1h30 pour 36,1 %, de 1h31 à 3h30 pour 18 % et de plus de 3h30 pour 11,7 % (chiffres 2016). Parmi les internautes âgés de 75 ans ou plus, 6 personnes sur 10 utilisent Internet tous les jours ou presque (Médiamétrie OUI, TSM, WebObservatoire, Insee Première n° 1452, juin 2013).

Néanmoins un quart des personnes de 60 ans et plus est en situation d'exclusion numérique qui s'accentue pour les personnes au-delà de 80 ans et les personnes les plus précaires. 59% personnes des plus de 85 ans disent ne pas utiliser Internet. Ainsi les femmes de plus 80 ans, vivant seules, avec de faibles revenus, sont les grandes exclues du numérique (Les petits frères des Pauvres, 2018).

Interrogés sur les activités les plus pratiquées sur Internet, les seniors évoquent en top 3 l’envoi courriels, l’utilisation d’un moteur de recherche et l’accès à la banque en ligne. Ensuite ils rejoignent les usages signalés par les internautes globalement qui sont : la recherche d’informations sur la santé, l’achat de bien et de services en ligne, les jeux et téléchargements en ligne, tout comme la participation aux réseaux sociaux (Médiamétrie, Insee Première n° 1452, juin 2013).

Selon une étude du Crédoc , les réseaux sociaux « sont aujourd’hui très investis par les catégories modestes et les seniors ». En 2014, 26 % des internautes de 60 à 69 ans et 7 % des plus de 70 ans participaient aux réseaux sociaux pour dynamiser leur vie relationnelle. Ils étaient plus de 64 % à être inscrits sur au moins un site, près de la moitié sur Facebook. Si les principales attentes des seniors concernent les relations familiales et amicales, les réseaux sociaux sont également considérés comme une bonne source d’information. « Les non-diplômés et les plus de 60 ans (41 %) contactent plus souvent des personnes qu’ils ne connaissent pas par ailleurs. » (Consommation et modes de vie, n° 278, déc. 2015)

2,4 millions de seniors français sont actifs sur Facebook, avec une progression des inscriptions de 80 % en 3 ans. La moyenne d’âge sur Facebook est aujourd’hui de 40 ans, majoritairement plébiscités par les femmes (Médiamétrie).

Croyances, intentions et obstacles chez les aînés québécois pour améliorer leur santé

Publié par l’Institut national santé publique du Québec, l’ouvrage « Croyances, intentions et obstacles chez les aînés québécois pour améliorer leur santé » décrit les résistances vécues par les aînés québécois pour améliorer leurs habitudes de vie et ainsi éviter, retarder ou réduire les maladies chroniques. Il se base sur les données de l’enquête « Vieillissement en santé » conduite par Statistique Canada en 2008-2009.

Les résultats indiquent que près du tiers des aînés québécois est réceptif aux changements de comportement, avec en premier lieu l’activité physique et les habitudes alimentaires. Les aînés de faible niveau socioéconomique et ceux vivant dans une petite ville ou en milieu rural semblent moins enclins à améliorer leur santé. Et le manque de volonté, l’incapacité fonctionnelle ou les problèmes de santé constituent des obstacles pour deux aînés sur trois.

Ainsi les approches envisagées, en plus de procurer des bénéfices pour la santé, devraient renforcer la socialisation pour favoriser la participation.

Communiquer pour tous : les enjeux de la littératie en santé

La première condition à réunir pour pouvoir prendre en charge sa propre santé est d’accéder à la connaissance, au savoir. La littératie en santé est un déterminant majeur de la santé des populations. C’est la motivation et les compétences des individus à accéder, comprendre, évaluer et utiliser l’information en vue de prendre des décisions concernant leur santé. Or cette motivation et ces compétences reposent sur le collectif, la société, laquelle doit créer les conditions favorables, éducatives, sociétales, économiques. Le dossier de "La Santé en action" paru en juin 2017 réunit analyses et témoignages d’une vingtaine d’experts et intervenants de terrain.

Le guide pour une information accessible "Communiquer pour tous" présente la démarche de conception et d'accessibilité universelles de l'information, pour le plus grand nombre. Il explique comment concevoir des documents imprimés, des images, des sites web et supports numériques. Il détaille également la communication orale. Le guide a été réalisé par Santé publique France en partenariat entre autres avec la CNSA.

 

Fortes chaleurs – prévenir les risques sanitaires

En cas de vague de chaleur, la personne âgée est exposée à des pathologies diverses et ce, d’autant plus qu’elle présente souvent des risques de vulnérabilité (existence de maladies chroniques, prise de certains médicaments, perte d’autonomie). Les plus directement dues à la chaleur sont le coup de chaleur ou hyperthermie, la déshydratation et l'hyponatrémie) Ces pathologies graves surviennent par anomalie des phénomènes de régulation de la température corporelle (hyperthermie), perte d'eau (déshydratation) ou déséquilibre électrolytique (hyponatrémie). Il s’agit donc avant tout d’assurer une PREVENTION EFFICACE (rafraîchir, éventer, hydrater, nourrir) pour éviter l’apparition de pathologies graves liées à la chaleur. En plus de la fragilité liée aux maladies chroniques, à la perte d’autonomie et aux médicaments, la personne âgée présente une capacité réduite d’adaptation à la chaleur, caractérisée par une réduction :
- de la perception de la chaleur,
- des capacités de transpiration,
- de la sensation de soif,
- de la capacité de vasodilatation du système capillaire périphérique limitant la possibilité d’augmentation du débit sudoral en réponse à la chaleur.
 
Pendant les périodes de fortes chaleurs il est conseillé de recommander aux personnes âgées de limiter l’augmentation de température de l’habitation en aérant plutôt la nuit et en fermant volets et fenêtre le jour, éviter les expositions à la chaleur et se rendre si possible dans un endroit frais quelques heures par jour, se rafraîchir régulièrement (brumisation, douches, linges mouillées), s’hydrater et adapter son alimentation. Par ailleurs certains traitements doivent être adaptés en période de fortes chaleurs, et la température de conservation des médicaments doit être vérifiée. Un référentiel pour votre pratique est à votre disposition ainsi que des dépliants à remettre aux personnes âgées.
Des recommandations concernant les produits de santé en période de canicule sont disponibles sur le site de l'ANSM.

En 2015, Santé publique France a mené une enquête par téléphone afin de faire le point sur les conaissances, la perception des reisques et les comportements associés à la canicule par la population, et d'en déduire des axes d'amélioration pour une meilleure prévention. À consulter ici.

Un an plus tard, Santé publique France a réalisé une enquête auprès de six villes de France pour évaluer l'utilité des registres municipaux de personnes vulnérables dans la prévention des risques sanitaires. À consulter ici.

Grand froid – les conseils de prévention

Le froid agit sur la santé à plusieurs niveaux : directement, occasionnant par exemple des hypothermies, ou indirectement comme dans le cas des intoxications au monoxyde de carbone. Contrairement à la chaleur qui agit rapidement sur l’organisme, le froid peut avoir des effets rapides (hypothermies, asthme au froid, etc.) mais aussi retardés (accidents vasculaires cérébraux, infections respiratoires, etc.).  L’être humain se protège contre le froid grâce à des mécanismes physiologiques endogènes thermorégulateurs mettant en jeu les systèmes nerveux, endocrinien, cardiaque et respiratoire. Les pertes de chaleur lorsque la température ambiante est basse augmentent pour un ratio surface corporelle/masse corporelle élevée (cas des enfants). Le vent est aussi un facteur de convection entraînant une augmentation des transferts de chaleur. Des effets néfastes pour la santé apparaissent si le système thermorégulateur est déficient ou si le stress thermique est trop important. La vasoconstriction et les phénomènes associés peuvent aboutir à une rupture des plaques d’athérome et ainsi favoriser la thrombose artérielle. Au niveau des artères coronaires, le spasme lié au froid associé à une éventuelle thrombose et à l’augmentation des besoins en oxygène du myocarde favorise, chez le sujet à risque, la survenue ou l’aggravation d’une angine de poitrine, voire d’un infarctus du myocarde en cas de sténose complète de la lumière artérielle. Approximativement la moitié de la surmortalité hivernale est attribuable à la thrombose coronaire. L’intervalle entre une vague de froid et le retentissement sur la mortalité cardiovasculaire est de à 7 à 14 jours. Au niveau cérébral, ces mêmes mécanismes (hypertension artérielle, hyperviscosité et thrombose) peuvent être à l’origine d’accidents vasculaires cérébraux, en particuliers de type ischémique. 
Par ailleurs la neige et le verglas ont des effets collatéraux tels que traumatismes ou intoxications au monoxyde de carbone. Enfin, les épidémies de grippe et autres phénomènes infectieux, ainsi que les facteurs de risque comportementaux, peuvent également faire augmenter la mortalité et interférer avec le froid. Il est donc difficile de déterminer la part du risque lié au froid dans les pathologies hivernales.
 
En période de grand froid, des conseils de prévention doivent être transmises aux personnes vulnérables. Il est recommandé de limiter les efforts physiques car le froid demande des efforts supplémentaires à notre corps, et notamment à notre cœur qui bat plus vite pour lutter contre le refroidissement. Pour éviter tout risque d’hypothermie ou de gelures, il convient de se couvrir convenablement, notamment au niveau des extrémités, et de se couvrir le nez et la bouche pour respirer moins d’air froid. De plus, de bonnes chaussures permettent d’éviter les chutes si le sol est glissant (neige, verglas). Et en cas de très grand froid, mieux vaut rester le plus possible chez soi. Si vous devez impérativement sortir, redoublez de vigilance et couvrez-vous suffisamment en essayant de limiter les efforts physiques et évitez de sortir le soir car il fait encore plus froid.
 
Enfin des recommandations concernant les produits de santé en période de grand froid sont disponibles sur le site de l'ANSM.

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