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Les personnes âgées immigrées

Manque de reconnaissance de leur apport au développement économique et social de la France, faibles pensions de retraite, accès aux droits défaillants, conditions de logement indignes, santé précaire et dépendance précoce, solitude et isolement, les immigrés âgés peuvent éprouver de nombreuses difficultés et risquent plus que tout autres d'être rapidement fragilisés.

Les immigrés des États tiers âgés de plus de 55 ans représentent plus de 800 000 personnes en France.

L'amélioration des conditions des immigrés âgés : conditions de logement, accès aux dispositifs de droit.

Rapport d’information sur les immigrés âgés

La mission d’information sur les immigrés âgés originaires des États tiers à l’Union européenne a enquêté en France, en Algérie et au Maroc. Les immigrés âgés d’États tiers se distinguent par un non-recours aux droits sociaux et un accès aux soins défaillant. Au-delà des effets liés aux conditions matérielles de vie sur l’état de santé, la perte du lien social ou l’exclusion sociale contribuent à la dégradation de l’état de santé des immigrés. Ce dernier semble dès lors s’altérer avec la durée de résidence dans le pays d’accueil.

La mission préconise d’agir sur quatre leviers pour améliorer les conditions de ces immigrés âgés :

  • reconnaître le rôle des populations immigrées, aujourd’hui âgées, dans l’histoire de la France ;
  • garantir aux immigrés âgés des conditions de logement dignes ;
  • améliorer l’accompagnement du vieillissement de ce public fragile (accès aux droits et aux soins), afin de le faire bénéficier des dispositifs de droit commun ouverts aux personnes âgées en général
  • et enfin lever les obstacles au vieillissement entre la France et le pays d’origine.

Rapport remis en 2013 par Alexis Bachelay, député des Hauts-de-Seine, au président de l’Assemblée nationale, Claude Bartelone, dans le cadre de la mission d’information sur les immigrés âgés originaires des États tiers à l’Union européenne.

Consulter le rapport ici.

 

La grande nation : pour une société inclusive

Selon les auteurs du rapport, la politique qui favorise l’intégration en France nécessite une refondation en vue d’une société inclusive. Celle-ci repose sur la mise en œuvre de dix principes. Le traitement de l’intégration suppose une approche apaisée et confiante de la présence étrangère en France. La politique d’intégration n’est, pour autant, pas une politique d’immigration, mais une politique de nature sociale ; cette politique plus que tout autre repose sur un devoir d’intelligence, à savoir une connaissance fine des populations concernées et des dynamiques à l’œuvre, ainsi qu’une évaluation précise des actions menées et des résultats obtenus.

Plus qu’ailleurs, la puissance publique doit tenir un discours de franchise sur ses difficultés et ses défis, ses réussites et ses échecs. L’État, qui a un rôle majeur d’impulsion, doit en revanche s’appuyer sur les acteurs locaux pour agir. Cette action, fondamentalement humaniste, doit être, au cas par cas, menée avec respect des populations concernées et bienveillance à leur égard. Cette dernière doit cependant être générale, aucune action ne devant être menée en faveur des étrangers qui n’ait son équivalent, à difficultés sociales comparables, pour ceux qui ne le sont pas. La transparence des politiques publiques est cruciale pour assurer l’ensemble de la communauté nationale du respect de ce principe.

Afin d’éviter tant la stigmatisation que les effets de seuil, ce sont les territoires qui doivent être visés plutôt que les publics ; enfin les résultats seront longs et difficiles à obtenir, ce qui supposera d’assumer des politiques de long terme, laissant une large place à l’expérimentation.

Rapport remis en 2013 par Thierry Tuot, conseiller d’État, au Premier ministre sur la refondation des politiques d’intégration.

Consulter le rapport ici.

Immigrés et descendants d’immigrés face à la sante

Ce « Document de travail » s’inscrit dans une série de textes résultant de l’enquête « Trajectoires et Origines, sur la diversité des populations en France » (TeO). Cette enquête enrichit les connaissances déjà acquises sur la santé des immigrés au regard de leur situation avant et après la migration et produit de nouveaux savoirs sur les descendants d’immigrés ou sur les personnes originaires d’un DOM.

La première partie du document décrit et analyse la perception que les hommes et les femmes enquêtés ont de leur état de santé en fonction de leur origine, de leur âge et de leurs conditions de vie.  Un deuxième chapitre explore le non-recours et le renoncement aux soins avec un éclairage sur d’éventuelles discriminations par le personnel médical, en raison de l’origine.

La dernière partie s’attache à déterminer si pour les personnes ayant grandi en France, les filles et fils d’immigrés ainsi que les enfants des descendants des DOM, des différences persistent dans le rapport à la santé et aux soins malgré une familiarisation avec le corps médical et les messages de prévention depuis le plus jeune âge.

Christelle Hamel (Ined), Muriel Moisy (Université Paris-X, Nanterre). Immigrés et descendants d’immigrés face à la santé. Document de travail n° 190 - Série Trajectoires et Origines (TeO) - paru en 2013.

Consulter le « Document de travail » ici.

Odas - Soutien aux personnes âgées immigrées

Le recueil de bonnes pratiques « Soutien aux personnes âgées immigrées » apporte des repères méthodologiques aux responsables des associations et collectivités territoriales concernées par l’accompagnement social des personnes âgées immigrées. Il est issu d’une étude menée par l’Observatoire national de l’action sociale (ODAS) avec le soutien des administrations du ministère de l’Intérieur et du ministère des Solidarités et de la
Santé, avec un financement du Fonds européen d’intégration.
La population française vieillit avec un pourcentage de personnes âgées de plus de 60 ans qui s’élevait à 25,7 % au 1er janvier 2018, contre 22,6 % en 2010. Et les personnes issues de l’immigration n’échappent pas à ce mouvement. Mais celles-ci, pour des raisons qui tiennent à la singularité de leur histoire et de leur parcours, rencontrent des difficultés particulières dans l’accès au droit commun. Cette réalité n’a pas été suffisamment prise en considération par les pouvoirs publics, alors que des solutions innovantes ont été développées dans les territoires.

La première partie du recueil appréhende les difficultés particulières des personnes âgées immigrées, pour ensuite présenter des initiatives adaptées (2e partie) avant de détailler sous forme de fiches les expériences qui ont fait leurs preuves (3e partie).

Consulter le recueil ici.

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