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La fragilité

Les projections démographiques prévoient une augmentation du nombre de personnes âgées en général, et de personnes dépendantes en particulier. En plus de leur prise en charge, un des défis de notre société est d’intervenir à un stade précoce, celui de la fragilité, pour maintenir le plus longtemps possible l’autonomie des seniors.

En 2060, selon l'Insee, la France pourrait compter environ 23,6 millions de personnes de plus de 60 ans, dont 12 millions de plus de 75 ans et 5 millions de plus de 85 ans. .

Repérer la fragilité très tôt pour maintenir le plus longtemps possible l’autonomie des seniors.

Repérage et maintien de l’autonomie des personnes âgées fragiles

Le livret blanc réunit toutes les connaissances actuelles concernant le repérage des personnes âgées fragiles, la recherche des causes de fragilité et les actions à mettre en place, afin de prévenir la dépendance.

L’évaluation de la fragilité permet de cibler une population âgée à risque de dépendance. Cette population doit bénéficier d’actions préventives. L’intervention gérontologique, pour être efficace, doit être ciblée, forte et prolongée. Elle doit se faire avant l’événement aigu (médical ou de vie) risquant de déstabiliser les réserves du sujet fragile. Néanmoins, lorsque celui-ci survient, il importe de réagir vite avant l’apparition de la dépendance.

Les auteurs déplorent que le développement récent des travaux de recherche sur la fragilité ne se soit pas traduit en pratique clinique comme il le faudrait.

Sont exposées dans ce livre blanc des actions de repérage et d’évaluation à partir de maisons de santé pluri-professionnelles, d’hôpitaux de jour, de consultations de fragilité, d’équipes mobiles de gériatrie. Ce recueil d’articles insiste sur l’importance des activités physiques utiles aux personnes âgées fragiles, sur la correction de l’altération de l’état nutritionnel et sur les nouvelles aides techniques qui peuvent être utilisées.

Livret blanc diffusé à l’occasion du 3e congrès francophone « Fragilité du sujet âgé » qui s'est tenu à Paris, en mars 2015.

Consulter le livret blanc ici.

 

Importance du concept de fragilité pour détecter et prévenir les dépendances « évitables »

En 2060, la population française devrait compter 73,6 millions d’habitants dont un tiers de plus de 60 ans. À ce vieillissement de la population s’associe une pandémie de maladies chroniques et d’incapacités fonctionnelles. Le rapport préconise des mesures urgentes pour réduire les dépendances « évitables » au cours du vieillissement.

Pour les auteurs, il est souhaitable d’établir un plan pour dépister les personnes vieillissantes en état de pré-fragilité ou fragiles fins d’éviter ou de retarder leur entrée en dépendance. Ce rapport définit le concept de fragilité, précise ses mécanismes intimes et ses conséquences dont les dépendances « évitables » de l’avancée en âge. Il donne des clés pour réduire la sarcopénie et la fragilité et démontre leur possible réversibilité. Il recommande un programme de « détection / intervention / suivi » aux personnes d’âge moyen à risque de développer une dépendance « évitable ».

Publication parue en 2014 et coordonnée par Jean-Pierre Michel au nom des membres de la Commission XIII de l’Académie nationale de médecine.

Consulter le rapport ici.

 

Perspectives démographiques et financières de la dépendance

Dans le cadre du débat national sur la dépendance, il a été demandé à un groupe de travail d’établir de nouvelles projections démographiques et financières pour évaluer les besoins de financement liés à la dépendance. Le groupe a procédé à une évaluation du nombre de personnes dépendantes à l’horizon 2060. À partir de ces projections et de l’état des lieux des dépenses liées à la dépendance réalisé par un autre groupe de travail, une projection de l’évolution des dépenses à l’horizon 2040 a pu être réalisée.

Selon les trois hypothèses retenues, il apparaît que la croissance du nombre de personnes dépendantes est forte à partir de 2025, sous l’effet du vieillissement de la génération du baby-boom.

Toutefois il ressort des projections que les dépenses, elles, restent modérées. Si cette perspective ne nécessite pas de mesures de financement dans l’immédiat, elle doit être prise en compte pour rester sur une trajectoire « maîtrisable ».

Rapport remis en 2011 par Jean-Michel Charpin, membre du Conseil d’orientation des retraites, à Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et des Cohésions sociales.

Consulter le rapport ici.

Le maintien à domicile des personnes âgées en perte d'autonomie

Ce rapport de la Cour des Comptes envisage la prise en charge de la perte d’autonomie dans un contexte de ressources publiques limitées. Il lui apparaît nécessaire d’optimiser la politique de maintien à domicile des personnes âgées dépendantes et de cibler de manière plus efficace les aides correspondantes.

Ses préconisations sont présentées en trois grandes parties :

Le chapitre « Mieux connaître les besoins des personnes âgées dépendantes » aborde la nécessité d’affiner la connaissance des parcours des personnes âgées dépendantes afin de faire évoluer l’offre actuelle et de l’uniformiser.

Dans le chapitre « Mieux répondre aux besoins », la Cour souligne l’importance de développer l’information et d’améliorer l’orientation des personnes âgées et de leur famille, mais aussi de simplifier les dispositifs de coordination des parcours.

Le dernier chapitre « Mieux piloter les politiques et cibler les aides » invite les multiples acteurs au niveau national comme territorial à mieux se coordonner. La Cour évoque aussi le besoin d’un chiffrage précis du coût global du maintien à domicile des personnes âgées dépendantes. Et afin de palier une contribution financière accrue des ménages, la Cour préconise de veiller à ce que les proches aidants soient davantage soutenus et que l’APA soit plus ajustée aux ressources des bénéficiaires.

Le rapport se conclut par 12 recommandations visant une meilleure cohérence, efficacité et équité.

Rapport public thématique publié par la Cour des comptes en juillet 2016.

Consulter le rapport ici.

Prévention de la dépendance liée au vieillissement

Face à l’enjeu que constitue le bien-être des plus âgés et de leur famille, l’Académie nationale de médecine propose des recommandations illustrées d’exemples, visant à une meilleure adaptation de notre système de santé, renforçant à toutes les étapes de la vie les actions de prévention et d’éducation à la santé.

L’Académie souligne la nécessité de mesures renforcées pour ancrer une alimentation de type méditerranéen, des activités physiques et intellectuelles tout au long de la vie. Elle recommande une lutte plus active contre le tabagisme et l’abus d’alcool ainsi que la mise en œuvre de leviers contre les facteurs de risque des maladies les plus fréquentes et délétères sur le plan fonctionnel. L’académie propose aussi la mise en place d’un bilan de santé tous les 5 ans et particulièrement à mi-vie (45 à 55 ans).

Afin de ralentir la progression de la dépendance liée au vieillissement, l’Académie invite à la promotion de l’éducation en santé dès l’enfance et tout au long de la vie et insiste sur la nécessaire éducation thérapeutique délivrée par tous les professionnels de la santé.

Un rapport confié au Professeur Jean-Pierre Michel, membre de l’Académie nationale de médecine, au nom du groupe de travail « Culture de prévention en santé » rattaché à la Commission XVII (Ethique et droit).

Consulter le rapport ici.

La prévention de la perte d’autonomie La fragilité en questions. Apports, limites et perspectives

Les actes de ce séminaire organisé par le Liraes en 2014 rassemblent une vingtaine d’interventions autour de la prévention de la perte d’autonomie, s’attachant plus particulièrement au concept de fragilité. Ils présentent un état des lieux critique des avancées récentes de la recherche pluridisciplinaire dans ce domaine et dégage de nouvelles pistes d’études et d’actions.

Un premier chapitre réunit les interventions mettant en lumière les approches scientifiques de la fragilité, d’un point de vue clinique, en santé publique et en sciences humaines et sociales.

Le deuxième chapitre permet une analyse des actions dans le champ de la fragilité, s’intéressant à la promotion de la santé, la prévention et l’accompagnement ainsi qu’à l’adaptation de l’offre de soins.

Le dernier chapitre est consacré aux perspectives nationales et européennes face au vieillissement.

Actes du séminaire des 6 et 7 mars 2014 organisés à Paris par le Liraes (EA4470), Université Paris Descartes, en partenariat avec l’Irdes, parus en janvier 2016.

Consulter les actes ici.

Vieillissement et fragilité: approches de santé publique – BEH, Santé publique France

Après un édito sur la normalité versus le pathologique dans le processus de vieillissement, le premier article du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) fait le point sur l’évolution de l’espérance de vie sans incapacité en France. Le second s’intéresse au suivi épidémiologique des indicateurs de fragilité et de multimorbidité. Sont ensuite abordés les thèmes des sujets « fragiles » et leurs dépenses ambulatoires de pharmacie, ainsi qu’une étude visant à caractériser l’état de santé de personnes l’année qui suit leur admission en Ephad. Les deux derniers articles s’intéressent aux chutes chez les personnes âgées. Le premier met en évidence  que les enquêtes actuelles fournissent des résultats permettant d’assurer la surveillance épidémiologique des chutes, mais que des études complémentaires seraient nécessaires pour construire des actions ciblées de prévention. Le second analyse les interventions de prévention. 
Le numéro 16-17 du BEH est paru en juillet 2017.
Consulter le numéro ici

Advantage - prévenir et gérer la fragilité. Une action conjointe européenne

L’action conjointe européenne ADVANTAGE (2017-2019) s’inscrit dans l’agenda européen d’un vieillissement en bonne santé (réduction du poids des incapacités et des maladies chroniques). Elle a pour objectif de promouvoir le concept de fragilité dans le champ de la santé et du social des États membres et ainsi de réduire la dépendance. Une compréhension concertée de la notion de la fragilité servira de base à une approche commune de prise en charge de la population âgée fragile ou à risque de devenir fragile en Europe. Les groupes de travail couvrent les champs de l’épidémiologie, de la prévention et promotion de la santé, de la prise en charge, de la formation et de la recherche dans lesquels la France est impliquée. Santé publique France est leader des tâches relatives au dépistage, à la surveillance et à la prévention de la fragilité. La Direction générale de la santé, en articulation avec les autres directions du ministère des Affaires sociales et de la Santé, contribuera plus particulièrement aux travaux relatifs à l’organisation des soins, incluant le champ des soins médicosociaux et des actions de prévention. À horizon 2020, des recommandations pour la mise en place d’un modèle européen commun d’approche de la fragilité seront formulées.

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